Méfions-nous de la démondialisation

20121104-130715.jpgIl commence à poindre une tendance amalgamant « artisanal et local » d’un côté, « industriel du bout du monde » de l’autre.

Tout cela a des relents protectionnistes, qui vont bientôt devenir patriotiques, avant de se sombrer dans les louanges nationalistes, qui me font craindre le pire ! Pour être clair : la guerre !

Pour faire court : ce peut être local tout en étant très lamentable, catastrophique pour l’environnement, totalement stérile sur le plan social.

À l’inverse, bout du monde peut rimer avec éthique et équitable, œuvrant pour la préservation de l’environnement et tourné vers l’humain.

Ne tombons pas dans les clichés faciles mais dangereux qui n’amèneront que violence et repli sur soi. Ouvrons-nous, tout en privilégiant la dimension locale à chaque fois qu’elle a du sens, et elle en a souvent, mais sans tomber dans le rejet des autres.

Nous sommes à l’ère du réseau, du partage, de l’horizontalité : on peut avoir une approche globalisée tout en explorant localement les solutions concrètes.

Je suis colère, définitivement opposé à la démondialisation, et totalement altermondialiste !

 

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Simple citoyen du monde

10 responses to “Méfions-nous de la démondialisation”

  1. Pepit Orwell says :

    Jeff c’est amusant que tu dises cela. Toi qui te présente comme un fruit non calibré par la pensée unique.
    La démondialisation ne rime en rien avec repli sur soi tout comme la mondialisation ne signifie pas nécessairement ouverture et laisser faire.
    Il faut garder un brin de réalité économique (je hais lorsque l’on me dit cela mais pour une fois je l’utilise). En effet le protectionnisme n’est pas le repli sur le nationale, c’est la reconnaissance de l’homogénéité d’un ensemble et la nécessité de définir des frontières pour que les échanges soient justes et prolifique (qui sont d’ailleurs les lieux les plus propice à la vie à l’image de l’estran pour une marée ou de l’orée d’un bois). Une cellule (élément le plus petit et le plus essentiel à la vie) a besoin d’une frontière pour échanger en bon terme avec les autres cellules
    Cela m’étonne que tu rentres dans cette vision surannée du libre échange qui serait la panacée d’un monde en paix. Il faut reconnaitre que la concurrence de tous contre tous nous amène bien plus rapidement vers la guerre. Les nationalismes du début du XXeme ne sont pas à l’origine des guerres mondiales, ce sont les dettes des Riches à l’égare de créanciers étrangers qui en sont la cause. Le nationalisme n’a été que l’outil utilisé par les puissants pour se mettre l’opinion dans la poche.
    Nous en sommes au même point aujourd’hui. La démondialisation est comme la décroissance un concept choc visant à faire prendre conscience que cette mondialisation ne profite pas à tous (loin de là) et qu’il conviendrait de redéfinir les règles (par l’imposition de taxe aux frontières, par exemple) afin de pacifier la violence de cette compétition de tous contre tous où seuls les puissants y gagne.

    Non réellement je ne te suis pas là dessus. Mais je suis ouvert à la conversation, comme d’habitude.

    Cordialement

    Antoine Pepito Well

    • JeffRenault says :

      Salut Antoine,

      Je me trouve au contraire très cohérent pour quelqu’un qui a appelé son blog « Mon pays c’est la Terre » :) Soit je n’ai pas été clair, soit tu caricatures mon propos. Inviter à se méfier des appels au tout local ne signifie pas pour moi être pour le libre échange. Tout est dans l’équilibre, et peut-être ne l’ai-je pas été assez (équilibré) sous le coup de l’agacement…

      Pourtant, j’ai exprimé clairement que le local était préférable quand il avait du sens. Il ne faut pas pour autant en déduire que le non-local serait nécessairement mauvais, et c’était tout le sens de mon billet. Quand je vois les messages qui circulent en ce moment du genre : « pour Noël, achetez artisanal et local plutôt qu’industriel du bout du monde », je trouve qu’on ne fait pas vraiment dans la subtilité, et qu’en effet le nationalisme n’est pas loin…

      Ce qui est sûr en revanche, c’est que je ne partage pas ta vision idéaliste des frontières. Ta comparaison avec les cellules me paraît d’ailleurs tout à fait spécieuse et pour tout dire très contestable. Ça n’a rien à voir. Les frontières géographiques sont une projection de l’esprit humain, et qu’elles soient ici ou là ne change rien. C’est du pur arbitraire, contrairement au vivant qui répond à une certaine logique, avec des frontières fixées par cette logique.

      Mais même en admettant ta justification, je la rejetterai philosophiquement. Je pense que les frontières géographiques appartiennent au passé, et qu’elles sont plus un problème qu’une solution. Je reste là encore cohérent avec le nom de mon blog. Et d’ailleurs, il me semble que le monde numérique se joue des frontières et démontre leur incongruité. Les frontières sont une expression du monde pyramidal. Le réseau lui n’en a pas besoin.

      Merci pour ta contribution.

      • Pepit' says :

        Je crois que tu ne veux pas comprendre ce que je dis.
        Lorsque je parle de démondialisation je parle de retour au local, je parle d’imposition de taxes aux frontières, je parle de soutien aux pays en développement par de nouveaux mécanismes d’aide au développement qui aide les populations à se développer chez elles. Je parle de reprendre le controle de l’Etat pour que la préférence soit mise sur l’éducation, la culture (et ne me dis pas que la spécificité française te dérange… enfin peut être). Je parle de protéger des populations qui ne peuvent appréhender pleinement la mondialisation la situation et qui en souffre par les délocalisations car elles ne sont pas mobile et flexible… et c’est très bien comme ça. Les sociétés se créent non pas par les mouvements mais par l’installation durable à un lieu.

        Une frontière n’est pas faite pour empêcher de passer mais pour filtrer. Et je ne suis en rien idéaliste des frontières, je trouve que ce sont des barrières créés lors de centralisation à l’extrême. Toutefois je vois qu’aujourd’hui ces Etats sont les bras armés d’une mondialisation financière où les grands groupes et grandes banques ont compris tout le potentiel et surtout l’absolue nécessité de prendre contrôle des Etats.
        Croire que ces derniers sont en train de disparaitre au profit de petits groupes autonomes jusqu’à l’individu 100% autonome et libre dans ces actions et dans sa construction personnel, me semble être bien plus idéaliste que ma position.
        Nous sommes plus que jamais dans une lutte car les groupes ne comprennent que les rapports de force. Si c’est le changement de tout être à partir de son fort intérieur que tu cherches ce n’est pas un blog qu’il faut faire mais une nouvelle religion.

        Mais bon je m’égare revenons en au frontières.

        Je trouve amusant car tu souhaites une mondialisation heureuse mais qui devrait se freiner d’elle même sans considérer qu’elle est régie par des forces qui n’aspirent pas à se limiter. Et en parallèle tu rejettes la possibilité que le retour à un protectionnisme puisse se faire de manière éclairé. Il n’est pas question de se refermer à la Corée du Nord (en tous cas ce n’est aps ce que je souhaite). Il est juste question de voir qu’aujourd’hui cette mondialisation (version européenne) est une vassalisation des Etats à une technocratie européenne qui n’a rien d’émancipatrice et dont les objectifs me semblent de moins en moins clair.
        Après je te l’accorde ce n’est pas parce qu’il y a un retour à l’Etat fort et planificateur que les peuples auront plus de voix. Mais aujourd’hui c’est la noyade des populations dans une concurrence qui n’a pas le nom de guerre mais qui économiquement a depuis longtemps été comprise comme telle… et les conséquences d’un population qui se fait écraser par des forces telluriques telle que celles de la mondialisation ne semblent pas créer un bon peuple qui souhaite l’amour de son voisin et encore moins du peuple aux antipodes qui est présenté par le groupe qui, lui par contre, profite à tout va de la mondialisation comme le modèle que nous devons esperer. Je pense que nous sommes plus que jamais à l’orée d’un conflit armée qui va redéfinir les rapports de force mondiaux, d’autant plus qu’avec nos superbes nouvelles technologies (dont je suis moi aussi un fervent défenseur) une guerre nécessite de moins en moins d’homme, les drones prennent le relais et ne me laisse pas tranquille du tout.

        Et une dernière chose (bon j’en ai plein d’autre, mais j’en garde pour continuer la conversation avec toi :-)) les réseaux sont effectivement un nouveau pouvoir, mais ne crois tu pas qu’il faut crée également des pyramide? ne crois tu pas qu’il existe des faiseurs d’opinion ou des noeuds d’informations qui centralise et donc détiennent du pouvoir sur la toile?

        Je suis clairement un utopiste au sens où j’ai une vision du monde dont je rève. Mas mes recherches sur la situation actuelle et sur les exemples de révolutions m’ont montré qu’il fallait partir de la situation actuelle tout en gardant en tête le rêve souhaité. Ainsi on définit un chemin pour y parvenir. et je pense que tu fais de même. Mais je pense que pour atteindre l’échelon nous sommes tous frères sur une même planète va mettre longtemps avant d’apparaitre…

        Enfin bref

        P.S: Et le coup du spécieux pour les cellules j’attends une démonstratin un peu plus rigoureuse stp car l’arbitraire n’a rien à voir là dedans. Elles sont donc elles participent à la vie, c’est tout. Ah ce moment là les nouvelles technologies sont arbitraires puisque fruit du travaille des hommes, le savon l’est aussi (;-)) et ainsi de suite. Donc stp j’en attends un peu plus concernant cette argument.

      • JeffRenault says :

        Sincèrement Antoine, il est difficile de discuter avec quelqu’un qui te taxe d’emblée de mauvaise volonté (« Je crois que tu ne veux pas comprendre ce que je dis. »)

        La mondialisation est un fléau. Ce n’est pas parce que je pointe le danger d’une démondialisation qui serait mal faite que je ne puis être que pour la mondialisation financière. Accorde-moi au moins de ne pas me complaire dans un manichéisme si peu subtil.

        Je ne peux que te retourner tes arguments : la démondialisation peut au moins aussi mal tournée que la mondialisation. C’est tout l’objet de mon propos : amener un peu de pondération dans un élan trop consensuel. On ne jure plus que par le local. Pas plus tard que la semaine dernière, ma marchande de légume me vante la nationalité française de ses courgettes ! Comment un légume peut-il avoir une nationalité ? Et surtout, en quoi serait-ce un gage de qualité ou de sécurité sanitaire ? Je ne crois pas que mon voisin français vaille mieux que le chinois, australien ou bolivien « du bout du monde », simplement parce qu’il est français.

        Oui, j’en ai marre de cet argument trop usité. Et je ne crois pas être prisonnier de la pensée unique ce faisant. Au contraire. Ma réaction n’est suscitée que parce que j’entends et vois cette litanie un peu partout, et qu’elle déclenche un signal d’alarme dans ma petite cervelle. C’est tout. Ni plus, ni moins. Sans dogmatisme mondialisateur ou démondialisateur.

        L’équilibre Antoine. L’équilibre.

        Après, j’admets volontiers notre désaccord, et ne considère pas que tu ne veux pas me comprendre. D’ailleurs tu en aurais bien le droit… comme j’aurais bien le droit de ne pas être de ton avis sur la spécificité culturelle française, et de le clamer si tel me semblait bon, sans devoir obtenir ton autorisation. Inutile donc de prendre un ton autoritaire pour réfuter ma façon de voir les choses.

        Enfin, je veux bien croire que la démondialisation pourrait être un succès, et qu’elle se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes… mais pourquoi cela serait-il plus vrai pour la démondialisation que cela ne l’a été pour la mondialisation ? Après tout, les mêmes forces ne vont-elles pas œuvrer de même pour leur intérêt propre et surfer sur la vague des arguments bien pensants ? La démondialisation recèle une part de dérive potentielle. Le nier serait mal la défendre. Ne pas en être conscients pourrait lui être fatale.

        Bien à toi,

        P.S. : les frontières humaines sont une invention de l’esprit humain, qui ne repose sur aucun autre fondement qu’une appropriation des terrains par la force ; les frontières biologiques reposent sur des principes chimiques ou physiques qui s’imposent.

  2. melclalex says :

    il me semble que la définition de la démondialisation vous a échappé. Il s’agit de remettre en place ce que les délocalisations ont brisé.

    Raccourcir la distance entre la production et les consommateurs ce qui en matière écologique représente un gain énorme du fait de « l’économie en carbone des transports » entre, par exemple l’Asie et l’Europe.

    La situation est très difficile, selon une étude de Trendeo (http://www.trendeo.net/2011/12/28/desindustrialisation-les-fermetures-dusines-en-france-2009-2011/), au cours des 3 dernières années (2009-2010-2011) la France a perdu près de 900 usines et 100 000 emplois industriels.(http://archives.lesechos.fr/archives/2011/LesEchos/21089-081-ECH.htm) Au cours des dix dernières années c’est 750.000 emplois de perdus, chiffres absolument vertigineux.

    Alors la démondialisation peut avoir du bon et n’est aucunement synonyme de mauvaise qualité et puis en matière sociale les délocalisations ont amené une catastrophe par exemple dans le textile.

    Cordialement

    • JeffRenault says :

      Oui, je connais ces arguments. Mais de nouveau tout est dans l’équilibre. Le libre échangisme a en effet amené son lot de dégâts et d’inepties, et je ne cherche même pas à le nier. Sur ce point du diagnostic, je suis souvent en phase avec les défenseurs de la délocalisation. Mais cela ne justifie pas, ni ne cautionne, que l’inverse serait parfait, comme une photo et son négatif. De la nuance et de la mesure s’impose. Point n’est besoin de jeter le bébé avec l’eau du bain.

      Ainsi donc j’affirme que la démondialisation peut entraîner un vrai danger : une dérive vers le nationalisme, surtout si elle s’applique sans subtilité, ce en quoi notre époque est spécialiste. Je pense même qu’il serait salutaire que les défenseurs de la démondialisation eux-mêmes alertent sur cette dérive. Ce serait la meilleure des manières de défendre leur doctrine.

      Pour cette raison, je reste persuader que l’altermondialisme, qui rejette le libre échangisme, est préférable à la démondialisation. Think global ; act local

      Merci pour ta contribution

  3. Peter C. Host (@PeterHost) says :

    Je suis totalement d’accord sur un point :

    Non à la démondialisation (quoi que cela veuille dire) des cultures et des échanges. Les réseaux sont notre seule vraie forme de liberté. Au sens politiques certes (ce dont, au niveau individuel, dans le cadre de gouvernements représentatifs je me fous un peu), mais surtout au niveau humain. J’adore le fait de pouvoir parainner facilement un enfant au viet nam, de pondre un bout de logiciel libre et de le donner à qui voudra, de pouvoir échanger de la musique avec des copains outre atlantique (oui, oui),… (la liste est longue est il y a sans doutes des ponits non triviaux que je n’ai pas énumérés)

    Par contre, la mondialisation du fric, ou dit autrement le fait qu’il n’y a plus, en aucun lieu sur terre, de pouvoir politique (si tant est qu’il y en ait jamais eu), mais un contrôle absolu des « flux qui comptent », ceux qui décident des guerres, des famines, de la pollution,…les flux financiers gérés par des organismes a-(privatif)-nationnaux, parmi lesquels les mafias officielles (les cartels) sont bien placées, me gène énormément. Il manque à l’altermondialisation un levier pour freiner cela, pour empêcher que les états (je ne parle même pas des individus, fétus de paille que nous sommes) soient totalement impuissants face aux gros organismes financiers. Et je ne vois aucun moyen à l’heure actuelle de renverser la vapeur. Mais alors aucun

    Donc je comprends les discours protectionnistes, même si le problème, c’est l’amalgame que l’on en fera. De toute façon, les masses seront manipulées, et adviendra ce qu’il adviendra (?). Peut être du bon, peut être du moins bon.

    • JeffRenault says :

      Je te rejoins Pierre. Les discours protectionnistes sonnent bien, mais ils peuvent indubitablement nous entraîner dans une dérive nationaliste. Toi comme moi savons que le local est riche de potentialités. Ce qui me dérange, c’est la théorisation absolutiste du local. Ce n’est pas l’alpha ni l’oméga. Vigilance. Merci à toi :)

  4. Pepit Orwell says :

    Bon je reprend ici puisque je ne peux plus répondre ailleurs.

    Mea culpa pour le coté rentre dedans de mon deuxième commentaire.
    Effectivement je te rejoins sur l’arbitraire des frontières. Mais maintenant elles sont là. Et les cultures et les peuples ce sont développés avec.
    Donc de vouloir les effacer d’un coup, ce qui est le souhait du modèle ultralibéral mais uniquement pour le commerce, fait fi des différences entre ces peuples et cultures.

    Toutefois je t’accorde la victoire sur ta dernière remarque. La démondialisation ne se passerait pas nécessairement mieux que ne s’est fait la mondialisation.

    Bon je retourne suivre la conversation sur le groupe revenu de base ;-)

    • JeffRenault says :

      Là on est plus raccord. Dès que tu ne présumes plus que je suis forcément libéral pour tenir un tel discours, mais qu’au contraire tu de demandes pourquoi sans l’être (libéral) on peut le tenir (le discours), on peut dépasser les préjugés et ça devient drôlement intéressant.

      Je t’accorde à mon tour que balayer les frontières ne se fait pas d’un revers de la main. Elles sont là, bien en place, et peu enclines à céder la place. D’où mon alerte sur la démondialisation qui oublie que dans la mondialisation il pouvait y avoir de bonnes choses.

      Maintenant, il y a un lieu où les frontières sont moins solides : le cyberespace. Et là les cultures peuvent cohabiter et partager pour un apport mutuel. Il y a de quoi susciter l’inspiration. Je crois :)

      À bientôt :)

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