A voté Hulot… au 2nd tour des primaires de l’écologie

Voilà, c’est fait. J’ai voté au second tour de la primaire de l’écologie. Le débat de Grenoble, que j’ai regardé avant mon vote, ne m’a en rien fait modifier mon vote par rapport au premier tour. J’ai de nouveau choisi sans hésitation Nicolat Hulot.

Je suis persuadé :

  • qu’il incarne une écologie politique ouverte et responsable ;
  • qu’il peut convaincre les sceptiques, pas seulement séduire les convaincus ;
  • qu’il est le seul à porter un nouveau projet de société, pas simplement un habillage écologique du projet socialiste ;
  • qu’il a la détermination et le charisme requis pour imposer ce projet par la persuasion et la pédagogie, pas par le dogmatisme ou le sectarisme, ni en continuant à cliver la société (même à l’envers de Sarkozy, cliver reste cliver).

Eva Joly est incontestablement compétente, pugnace, déterminée. Elle a une connaissance impressionnante des dossiers. Si elle ne remporte pas la primaire, il faudra la prendre à bord du bateau écologique et lui confier un rôle majeur. Et si elle la remporte, nous devons compter sur elle pour ne pas exclure Nicolas (comme certains le souhaitent).

Mais je n’arrive pas à imaginer qu’Eva puisse porter le projet de l’écologie politique au-delà du microcosme des « déjà convaincus ». Or, comme l’a si justement fait remarquer G. Castevert ici, le but n’est pas tant de choisir celui/celle qui est le/la mieux placé-e pour représenté EELV, mais celui/celle qui est le/la mieux placé-e pour porter le projet de mutation écologique au-delà des frontières d’EELV, quelqu’un-e pour qui un électeur non écologique pourra voter, dans l’esprit même de la dynamique créé par Europe Écologie.

Dans cet optique là, il n’y a aucun doute : c’est Nicolas Hulot qu’il faut choisir.

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Simple citoyen du monde

14 responses to “A voté Hulot… au 2nd tour des primaires de l’écologie”

  1. jcfrog says :

    « aucun doute » je sais pas mais argumentation recevable🙂
    moi je ne sais toujours pas pour qui j’aurais voté, entre consensus et radicalité, les 2 me semblent importants
    et donc les 2 me vont

    • JeffRenault says :

      Oui, je te comprends. D’ailleurs, si Eva gagne je ne serai pas complètement désespéré😉

      J’ai eu l’occasion de constater sa pugnacité au cours d’un débat télévisé. Elle ne se laissait pas déstabiliser par les tacles (parfois peu élégant, comme il est trop souvent de mise, hélas, en politique) de ses contradicteurs. Sereinement, sans jamais répondre aux provocations ni s’emporter, elle revenait à son fil d’argumentation et parvenait au bout de sa démonstration.

      Cette rigueur intellectuelle force l’admiration et sort des « techniques » classiques dans l’art de faire de la politique.

      Néanmoins, le choix d’Eva est devenu, peut-être (sans doute) à son corps défendant, celui non pas du radicalisme, mais du quasi sectarisme. Car Hulot a cristallisé les attaques des écolos radicaux, qui s’octroient le droit et le pouvoir de délivrer des brevets de conformité en écologie, et qui ont décidé qu’il n’était pas représentant de leur vision « pure » de l’écologie.

      Par réaction, ils ont désigné Eva comme étant la seule digne de (col)porter une image approuvée de l’écologie. Dommage pour Eva qui se retrouve avec cette étiquette pas si facile à assumer en cas de victoire.

      Pourtant, l’objectif ultime des écologistes devrait être que leur projet de mutation de la société touche le plus grand nombre, que tous l’adoptent, et devienne réalité, rendant inutile l’existence même d’un parti écologiste. De la même manière que les restos du cœur voudraient de dissoudre, ce qui signifierait qu’il n’y aurait plus besoin d’eux.

      Considérer que le projet écologique est réservé aux seuls écologistes « approuvés » est une vision sectaire et stérile, et aussi une négation de l’urgence. C’est aussi tourner le dos à la dynamique née d’Europe Écologie.

      Hulot peut prolonger cette dynamique, élargir les horizons, toucher au-delà du cercle, finalement restreint, des seuls convaincus. C’est en cela que le vote pour Hulot ne fait « aucun doute » dans mon esprit. Il représente la fin de la tentation au repli sur soi du microcosme écologiste. C’est sans doute ce qui leur fait paradoxalement le plus peur.

      • Rémi says :

        Je ne suis on ne peut plus d’accord avec votre commentaire.

        Ce qui m’attriste également, outre le gâchis qui s’annonce, c’est d’avoir vu Eva Joly s’abîmer dans cette pratique des « tacles » dont elle a elle-même été la cible précédemment, et se fondre si rapidement dans le moule de la politique politicienne. Pour moi on est très loin de la « fraîcheur » et de la nouveauté qu’elle pouvait incarner en 2008.

        Quand je pense qu’on aura, dans cette campagne, fait de Hulot le candidat de la forme contre Joly la candidate du fond, de Hulot le candidat de la droite ou du centre, contre Joly la candidate de la gauche. Nous ne sommes pas loin de la mystification.
        Chez Hulot ce sont les idées qui sont radicales, pas leur mise en scène. Je crains qu’en face ce ne soit l’inverse.

        Vous parlez de « réaction », c’est le mot qui convient. La dynamique Europe Ecologie vient de connaître un sérieux coup d’arrêt, l’avenir dira s’il est définitif.

      • JeffRenault says :

        Voyons si les passions retomberont après la proclamation des résultats, quels qu’ils soient, si la réconciliation et l’unité ont lieu (il le faut) et quelle direction prendra la campagne.

        Je redoute en effet un durcissement du message et un repli sur son propre camp, plutôt qu’un élargissement de l’horizon dans l’esprit d’Europe Écologie.

        Le rôle de Cecile Duflot va être déterminant. La patronne va devoir rassembler et panser les plaies éventuelles.

  2. Nabella Leen says :

    Etonnament, mon analyse est inversée. En tant que « non convaincu » particulièrement peu au fait des « détails » entre les programmes des deux candidats, je confierais plus facilement mon vote à Eva Joly qu’à Nicolas Hulot.

    Pourquoi ? A cause d’une chose terriblement subjective mais qui a, hélas, une très grande influence en politique : l’image. Pour moi, Nicolas Hulot reste quelqu’un de « trop médiatique » pour être « vraiment honnête ». C’est peut-être complètement faux, mais c’est la première chose qui me vient à l’esprit.

    Heureusement, je suis quelqu’un de rationnel et, lorsqu’il me faudra choisir un candidat, je prendrais le temps d’analyser le fond en plus de la forme. Mais je ne crois pas que la majorité des gens s’en donnent la peine. Et si la majorité des gens s’arrête au point soulevé plus haut, mes conclusions sont l’inverse des vôtres😉

    Dur dur, finalement, de deviner ce que pensent les autres, car l’objectivité est un leur, personne ne peut l’atteindre et donc pondre une analyse qui le soit. Au final, la seule vérité qui restera, ce seront les faits.

    • JeffRenault says :

      @NabellaLeen:

      Ta perception est intéressante. Il est vrai que la plupart des gens ne procéderont pas comme toi pour leur vote, en prenant le soin de bien étudier les programmes des candidats…

      Mais paradoxalement, c’est là que la facette « trop médiatique » (que tu sembles regretter si j’en crois le « trop ») de Hulot peut être un atout.

      Il a, à travers son émission depuis des années, démontrer un talent de vulgarisation hors pair. Il a su partager avec le plus grand nombre les problèmes de la biodiversité, de la raréfaction des ressources, de la richesse des cultures des minorités. Autant dire qu’il a un savoir-faire pour intéresser les gens à des problèmes non-immédiats et étrangers à leurs soucis quotidiens.

      Et puis cette médiatisation est devenu un capital de popularité. Il est régulièrement bien placé dans le classement des personnalités préférées des français. Certes, un capital sympathie ne suffit pas à faire un président, mais pour autant les français ne semblent pas douter que Hulot soit « vraiment honnête » dans sa démarche.

      C’est étonnant ta transition de « trop médiatique » à « vraiment honnête ». Dirais-tu la même chose de Cousteau, Gandhi, Luther King, Mandela… ? C’est par la médiatisation qu’ils ont fait avancer des causes nobles, et on ne peut pourtant pas douter qu’ils aient été « vraiment honnêtes ».

      Non que je cherche à comparer ou hisser Hulot au niveau de ces grands hommes, mais je voulais volontairement prendre des exemples incontestables pour illustrer qu’il ne peut pas y avoir automaticité entre « trop médiatique et « vraiment honnête ».

      J’en déduis que ton « trouble » vis-à-vis de Hulot vient d’ailleurs. Peut-être parce que tu l’associes à TF1 ? Ou parce que ceux qui ont tenté de lui nuire depuis qu’il s’est présenté ont mieux réussi leur coup que je ne le mesurais ?

      En tout état de cause, quand je me réfère à la déclaration de candidature de Nicolas Hulot, je la trouve pleine de sincérité et totalement dénuée de démagogie. Je t’invite à la lire, et à me dire ce que tu en penses.

      Merci pour ta contribution au débat, et pour ta perception intéressante que je n’avais pas envisagée.

      • Nabella Leen says :

        @JeffRenau Tes questions sont pertinentes et tapent juste : l’avis que j’ai partagé plus haut est à la fois subjectif et infondé.

        Et c’est justement cet aspect infondé qui me fait dire que tout les « non convaincus » n’auront pas une réaction unanime face à Nicols Hulot.

        Mais ni moi ni personne d’autre n’est capable de savoir ce que pensera la majorité des gens. Je sais qu’en général, je me classe dans certaines minorités et donc que mes réactions ne sont pas les mêmes que beaucoup.

        Je pense d’ailleurs que tu le mets parfaitement en exergue à partir de remarques pertinentes : l’effet TF1, le côté « trop sympathique » (c’est un comble, n’est-ce pas ? comme si une personnalité politique, dans mon esprit, ne pouvait, par définition, pas être quelqu’un de bien :))

        Au final, après une seconde analyse et la lecture de la déclaration, je vois une autre facette de ce candidat. Reste à savoir ce qu’il se passera pour ceux qui pensent comme moi. Mais peut être que ceux qui pensent comme moi sont du genre à s’intéresser au fond en plus de la forme, et que finalement, le problème n’en ai pas un !

        Quoi qu’il en soit, pour ma part, je reste dans l’expectative ! Non engagé dans le vote aux primaires, la meilleure chose que je puisse faire c’est attendre 2012 avant de me faire une idée !

      • JeffRenault says :

        @NabellaLeen :

        Je te rejoins sur plusieurs points : que les réactions ne seront pas unanimes ; qu’on ne peut pas prédire quelle réaction sera majoritaire ; qu’indéniablement Hulot suscite parfois une forme assez radicale de rejet.

        Pour l’heure, attendons les résultats de la primaire, et on verra si le sujet est toujours d’actualité🙂

        Merci encore pour tes points de vue si intéressants.

  3. Rémi says :

    Ne peut-on pas accorder à Nicolas Hulot que sa médiatisation « importante » n’est pas une construction artificielle mais qu’il la doit à ses qualités, ses compétences, peut-être la force de son discours, sa capacité de pédagogie ?

    A en croire certains, on serait presque en présence d’un candidat de téléréalité… on n’est plus à une mystification prêt dans cette campagne mais quand même… Il faut tout de même rappeler qu’il a commencé en bas de l’échelle dans le monde de l’audiovisuel, photo-reporter, et qu’il est « monté » tout au long de sa carrière. Je ne veux pas entrer dans le style hagiographique, mais simplement rappeler ce qu’est la réalité devant le flots de commentaires médisants ou erronés qui se déverse depuis des mois.

    Et que penser des gens qui lui reprochent cette « surexposition » et qui refusent de se rendre eux-mêmes dans les médias, de peur de commettre un impair, afin que surtout rien ne bouge…

    Oui il y a un souci sur le rapport à la sincérité et à l’honnêteté. Moi, à chaque fois que je l’ai croisé, j’ai ressenti de la sincérité… je remarque que c’est le cas chez de nombreuses personnes, anonymes, qui ont dépassé le stade de la caricature pour l’écouter vraiment, et chez d’autres, plus célèbres, à qui l’on accorde quelques qualités dans le mouvement humaniste et écologiste : Pierre Rabhi, Edgar Morin, José Bové, Augustin Legrand,… ou encore il y a quelques années, quand ils étaient encore en vie, Théodore Monod ou Paul-Emile Victor. Je ne pense pas que tous, anonymes ou célèbres, militants ou « références », nous nous trompions à ce point.

    Enfin, ce que dit Nabella sur l’impossibilité d’être « trop sympathique » pour un politique, est révélateur de combien nous sommes conditionnés, combien nous avons intégré les codes de la violence politique comme une règle indépassable.
    Personnellement, cette manière de faire de la politique, je la rejette aujourd’hui complètement, et je crois que les taux d’abstention qui ne font que croître d’élection en élection, montrent que beaucoup de gens sont écoeurés.
    Surtout que Nicolas Hulot reste comme il est, et tant pis pour les victoires faciles, tant pis pour les personnes fermées, cette voie est la bonne sur le fond.

    • JeffRenault says :

      @Rémi : en accord avec toi sur la façon différente, plus empreinte de sincérité, de faire de la politique. C’est en effet un aspect qui m’a plutôt convaincu de suivre Hulot.

  4. Nabella Leen says :

    Je reviens ici pour une réponse qui a pris le temps de mûrir suite aux diverses choses que j’ai pu lire à la suite de ces primaires.

    Mon avis a évolué, changé, et je présente désormais les mêmes regrets que la plupart d’entre vous : c’est bel et bien N.Hulot qui aurait dût l’emporter, pour le bien d’EELV.

    Qu’est ce qui m’a fait changer d’avis ? En particulier cet article, parus dans « Bretons », dont vous avez sans doute entendu parler (mais dont vous n’avez peut-être vu que des passages, hélas souvent cités hors contexte) : http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/nhulot.pdf

    On y voit des réponses aux critiques que j’opposais plus haut, mais aussi une explication de l’échec :
    – N.Hulot n’est pas un « homme politique », c’est quelqu’un venu d’un autre monde qui a voulu tenter sa chance car ses différences pouvaient renouveler la manière de diriger, de guider.
    – La communication, la vulgarisation, il connait. Et c’est ça dont a besoin un candidat aux présidentielles. Hélas, c’est au contraire un défaut pour un candidat de primaires. Qui a dit paradoxe ?
    – Attaquer ses camarades de primaires ? Ça n’est pas sa façon de faire, car son combat c’est l’écologie et le but d’un parti est de construire démocratiquement un programme intéressant et de porter un candidat ayant ses chances jusqu’aux présidentielles. Hélas, il semblerait que la majorité des partisans EELV préfère les hommes politiques classique : des requins, se tirant dans les pattes.
    Et cela rejoint le commentaire de @Rémi : visiblement nous ne sommes pas habitués à voir des gens hors de ce schéma mettre les pieds en politique et, comme souvent, si on ne fait pas d’effort, la peur de la différence nous fait rejeter l’innovant, qui pouvait pourtant être le salut.

    Dommage pour cet échec. Personnellement, j’ai pris une grande leçon de vie et j’espère que cela sera la même pour d’autres que moi, histoire que cette campagne de N.Hulot n’ai pas été vaine mais ai aidé à changer, un petit peu, les mentalités.

  5. JeffRenault says :

    @NabellaLeen> Tu forces l’admiration, vraiment. Savoir ainsi se remettre en question, c’est une très grande force me semble-t-il pour avancer dans sa vie. Merci de ton retour.

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