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Il existe au moins deux blocages à la prise de conscience de la crise écologique

Il existe un étrange paradoxe entre :

  • une crise écologique majeure qui se traduit par un dérèglement climatique dont les conséquences seront catastrophiques, et par une disparition aussi progressive qu’inéluctable des ressources que la nature a mis à notre disposition : énergies fossiles et fissiles ; métaux ; sols fertiles ; eau potable ; « poumons à oxygène » (coraux, forêts) ; poissons…
  • la continuation des mêmes habitudes, des mêmes méthodes, des mêmes comportements, du même modèle de société de consommation, du même dogme économique… qui pourtant génèrent les effets de la première partie de la contradiction

Pour reprendre une image chère à Nicolas Hulot et son syndrome du Titanic : « le bateau coule mais l’orchestre continue à jouer ». Mon ami Pierre ajouterait : « On se demande si on va servir les glaces avec ou sans chantilly ». Bref, comme disait Jacques Chirac dans son discours au IVème Sommet de la Terre à Johannesburg en septembre 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »

Qu’est-ce donc qui empêche cette prise de conscience ? Finalement, toute personne à qui on explique le phénomène dira que c’est vrai, et qu’il faut faire quelque chose. L’audience d’un film comme Home de Yann Arthus-Bertrand, ou l’attention qu’on prête à Nicolat Hulot quand il s’exprime, devrait nous laisser penser que la prise de conscience est imminente. Or, le vie se poursuit et rien n’est fait qui puisse être susceptible de faire en sorte que soit modifiée l’issue pourtant inexorable qui nous est promise.

Je crois qu’il y a (au moins) deux obstacles majeurs à la prise de conscience effective, qui se traduirait donc par une adaptation de nos comportements et de notre modèle de société : Lire la Suite…

Grosse fatigue

Il y a des jours où la politique électoraliste désespère encore plus que d’autres…

Ce matin, courrier de Cécile Duflot, secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts, pour commenter l’accord de mandature avec le parti socialiste adopté par le Conseil Fédéral du weekend. Bien entendu, elle ne peut que se féliciter de l’accord en question. Peut-elle faire autrement ? Non, bien sûr.

Je ne peux pas reprocher à la patronne du parti écologique de positiver l’accord obtenu. Mais quand on remet cela en perspective, il y a de quoi rire… jaune. Cécile Duflot insiste sur le fait que cet accord n’est qu’une étape supplémentaire dans la construction de l’écologie politique en France. Oui, c’est sans doute ce qui me dérange le plus. J’aurais préféré une étape supplémentaire vers la transition énergétique, plutôt que des tractations électorales.

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« Le plein s’il vous plaît ? »

Je viens d’achever la lecture du livre « Le plein s’il vous plaît ? » de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean. J’avais hâte de le lire, puisqu’il m’avait été chaudement recommandé par plusieurs personnes, et notamment par mes amis @PierreLhoste et @GCastevert. Ce dernier avait du reste consacré un billet au sur ce livre.

Présentation

Le livre est sous-titré « La solution au problème de l’énergie ». S’il a vocation a présenté l’état de dépendance dans lequel nous sommes vis-à-vis de l’énergie, et notamment des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) non renouvelables, il est surtout un plaidoyer pour la mise en place d’une taxe sur cesdites énergies, à savoir la taxe carbone.

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« Solutions locales pour un désordre global »

Nous (ma douce et moi) avons été voir une projection de « Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau, film qui nous explique les dégâts causés par l’agriculture industrielle productiviste en divers endroits du globe. Voir le site du film, et notamment la page qui présentent les intervenants.

Si je connaissais déjà quelques aspects évoqués dans le film, et que j’étais de ce fait préparé à ce qu’on peut y voir, ce n’était pas le cas de mon épouse, et ce film l’a tout simplement scotché. Elle, qui était parfois agacée par ma conversion lente et progressive à l’écologie, est en passe de me dépasser.

La bande-annonce est une bonne synthèse du film :

 

Il y a différents aspects de l’agriculture industrielle qui sont évoqués dans ce film. En voici certains que je voudrais partager avec vous (en espérant qu’il vous donneront envie d’aller voir ce film) :

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Nicolas, on a besoin de toi

Tu as longtemps hésité à franchir le Rubicon de l’écologie politique. Et puis, finalement, tu l’as fait… Tu es descendu dans l’arène avec cette volonté farouche de faire de la politique autrement, sans coups-bas, sans attaques personnelles, même envers ceux qui exprimaient un rejet profond et sectaire de ta personne, qui refusaient de t’accorder un brevet en écologie (en s’auto-octroyant ce pouvoir).

Mais l’arène a été cruelle : pas assez « de gauche », trop récemment anti-nucléaire, pas sincère, trop lié à des entreprises aux antipodes de l’écologie, trop personnel, pas collectif… tant de reproches t’ont été faits, qu’ils seraient long de les énumérer. Et quand bien même ? Est-ce là ce qu’il faut retenir ? Bien entendu, les blessures sont fraîches et donc pas encore refermées. Peut-être ne le seront-elles jamais.

Si on regarde de ce point de vue la primaire et l’échec de la candidature, la première envie est de tourner le dos et de retourner à d’autres voies. Mais est-il raisonnable d’abandonner à la première difficulté ? Ce serait probablement oublier les milliers d’adhérents et de coopérateurs qui t’ont fait confiance, qui espèrent que le chemin que tu as esquissé s’ouvrira.

On ne pourrait retenir de la primaire que les escarmouches et les seaux d’épluchures. Tu pourrais te dire qu’il n’y a pas de volonté, et encore moins d’envie, d’utiliser ton potentiel, cette capacité de convaincre les sceptiques plutôt que flatter les convaincus. Mais, de nouveau, 40% des votants ont cru en cette démarche, car elle est nécessaire et essentielle face à l’urgence.

Je me suis inscrit en tant que coopérateur sans savoir qui de toi ou d’Eva je choisirai. Les débats m’ont éclairé sur ce point, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à l’issue du premier tour, puis du second. Le point déterminant dans mon choix a été (et reste) ta capacité à rendre accessible l’écologie à tous, à faire prendre conscience des enjeux et de l’urgence, sans pour autant verser dans la dramatisation à outrance ou le catastrophisme.

Ta déclaration de candidature que j’avais relayée me paraît nous faire comprendre l’état de la situation, pourquoi il nous faut changer de paradigme, pourquoi il nous faut adopter un nouveau modèle de société. Ton apport dans cette campagne sera déterminant, même si tu n’as pas la pôle position. D’ailleurs, tu seras plus à l’aise, plus libre en tant qu’assesseur.

Se priver de ton talent hors du commun serait une erreur, et je pense qu’Eva et Cécile, ou Dany, Yves, Denis, et tant d’autres, même Noël ou Dominique, le savent bien. Je ne sais pas comment ils ont œuvré ou œuvrent en vue de l’unité, mais ils ont nécessairement conscience que tu serais un atout considérable pour marquer des points.

Au-delà de ces considérations, l’opportunité de la présidentielle est immense pour permettre à l’écologie de gagner encore du terrain auprès des citoyens, et tu es le mieux placé pour cela. Bien entendu, il existe d’autres formes d’actions, au moins aussi noble que la voie électorale, mais la visibilité qu’offre la présidentielle est sans égale, et tu dois saisir cette chance pour que le projet de transformation écologique et sociale puisse progresser dans l’opinion.

L’urgence dont tu nous a fait prendre conscience impose de ne pas tourner le dos, de ne pas retenir que les déchirures et les blessures de la primaire, mais de rester déterminé, les yeux rivés sur l’objectif, et d’apporter tout ton soutien à Eva pour l’aider à porter le projet, qui reste le meilleur projet pour la France.

D’autres que moi, tels @GCastevert, @PierreLhoste ou @Paul_Itique, espèrent que tu vas poursuivre de la façon dont tu l’écrivais si bien dans ta déclaration de candidature :

Dans ce moment de gravité et de complexité que traverse notre pays, je n’ai pas d’autre ambition que de contribuer à ouvrir la voie d’une société nouvelle, écologique et sociale. Je le ferai avec modestie mais détermination, sans arrogance mais avec toute ma volonté et mon énergie.

Nicolas, on a besoin de toi

Chacun sa route, chacun son chemin

Sur le modèle de @gcastevert qui a raconté sur son blog son parcours pour mieux éclairer ses choix, avec @ginfis et @pierrelhoste, nous avons pris le parti de faire un billet pour raconter chacun le sien.

Nos parcours sont banals, ordinaires. Ils n’ont pas la prétention d’être exemplaires. Ils ne sont que la suite d’une succession de choix. Mais ils peuvent inspirer ou trouver des échos.

Point de départ

Je ne suis jamais « tombé de l’armoire ». Certains si. Il se produit dans leur vie un événement qui déclenche chez eux une prise soudaine de conscience. Quelque chose arrive qui les fait passer de l’ignorance ou du déni à la conscience d’une certaine urgence.

Jeune, j’ai lu deux livres qui m’ont mon extrêmement influencé : « Germinal » d’Émile Zola et « 1984 » de Georges Orwell. Ils ont forgé chez moi une forme d’attachement viscéral à la devise de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité. Au cinéma, deux films de ma jeunesse m’ont également marqués profondément : « Elephant man » de David Lynch et « Gandhi » de Richard Attenborough. Ils ont fait (et font encore) résonner en moi l’humanisme le plus sobre.

Pour autant qu’ils ont pu me marquer, ces livres et films ne m’ont pas fait « tomber de l’armoire ». Leur effet a été chez moi durable et s’est distillé au fur et à mesure de ma construction. Pour ce qui me concerne, mon parcours est un cheminement long et progressif. Je n’ai pas eu de prise de conscience soudaine. Je n’ai eu que des évolutions tardives (parfois tortueuses) vis-à-vis de situations auxquelles je me suis trouvé confronté.

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