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Je ne résiste pas à publier ce texte de Philippe Torreton. À mon avis d’utilité publique en ces temps troublés et troublants… Merci l’artiste !

philippetorreton

Jean,

J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Entraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré!

Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave!

Jean, écoute moi, écoute nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre…

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Une présidentielle pour rien

Présidentielle 2012S’il demeurait un attrait à l’élection présidentielle, c’était de susciter des débats de sociétés, d’évoquer les enjeux cruciaux pour notre avenir. En 2007, Hulot avait ainsi réussi à imposer le thème de l’écologie.

En 2012, de quoi parle-t-on ? De la viande Halal et du permis de conduire ! Quelle pitié !

  • Qui parle du dérèglement climatique ? Pourtant, tout nous paraîtra bien dérisoire quand nous serons confrontés à ses effets et qu’il sera trop tard pour éviter la catastrophe.
  • Qui parle du pic pétrolier ? On prétend qu’on va réguler le prix du carburant alors qu’on sait pertinemment qu’il ne va cesser de monter.
  • Qui parle de la raréfaction des terres arables ? On prétend nourrir l’humanité entière grâce à l’agriculture intensive alors qu’elle tue les sols, pollue les cours d’eau et empoisonne nos agriculteurs !

Pendant que les enjeux essentiels (mais à long terme) sont ignorés, on s’occupe de savoir comment on va relancer la croissance (qui est le problème, et non la solution) et retrouver le plein-emploi (une chimère par les effets conjugués de la mécanisation et des gains de productivité). C’est une farce qu’on nous joue ! Et aucun des partis représentés à l’élection présidentielle ne s’y soustrait

On joue le court-terme. On ignore superbement le long-terme…

Le plus drôle, c’est que politiques, sondeurs et éditocrates vont s’inquiéter sérieusement du taux d’abstention au soir des premier et second tours. sans jamais chercher y déceler l’alarme qu’elle représente, sans jamais se mettre en cause. On se contentera de simplement culpabiliser les abstentionnistes, avec la bénédiction des votants.

Car l’abstention, c’est toujours la faute de l’électeur non-votant ; jamais celle des partis politiques.

Réponse à la remontée fulgurante de Bayrou par @Paul_Itique

Mon ami @Paul_Itique a publié un billet intitulé « Remontée fulgurante de Bayrou » auquel je n’ai pas trouvé comment répondre… sauf à travers ce billet.

Cher Paul,

Ton analyse est intéressante. Je pense que toute présidentielle recèle son lot de surprise, et pour celle-ci, les surprises pourraient venir de Bayrou et/ou de Mélenchon. Ils peuvent en effet représenter des alternatives attrayantes pour de nombreux électeurs, et au demeurant préférables à celles inspirées par le rejet et la haine.

La constance de Bayrou pourrait en effet lui être favorable. Il est présenté comme celui qui avait prédit la crise. Il est le seul à avoir osé l’optimisme. Son slogan est franchement très bon. Bref, il a des a des atouts indéniables qui d’ailleurs commencent à lui attirer les foudres des deux favoris des sondages et aussi des commentaires élogieux des « observateurs de la vie politique », comme ils disent.

Toutefois, ton analyse repose aussi sur ta (notre) déception. Ne l’oublie pas. C’est par dépit que tu te retournes vers Bayrou plus que par enthousiasme et conviction.

Et les 3 points « négatifs » que tu positives sont un peu légers il me semble. L’absence du parti ne me pose pas de problème (au contraire), mais il semble difficile pour lui de fédérer. Lire dans son isolement une force de son caractère revient à valider la facette « homme présidentiel » de la présidentielle que je déteste tant.

Quant à l’argument sur l’écologie à laquelle il devra se mettre… c’est super capillotracté ! Il a une vraie absence sur ce sujet, malgré la présence de Yann Werhling et Jean-Luc Bennahmias dans son entourage très proche. Ce dernier confirmait encore récemment que sur l’écologie, avec Bayrou, c’était pas gagné.

Loin de moi l’idée de ne pas entendre ton analyse dans ce qu’elle a de sensée, et, par élimination, d’y retrouver les échos de mon propre raisonnement intellectuel. Mais cela reste en définitive un choix raisonné, pas un choix de cœur.

Pour ma part, j’ajoute que Bayrou est trop orthodoxe sur le plan économique pour m’emballer, et sa position sur le MES ou sur la Grèce ou sur la dette reste dans la droite ligne des deux favoris.

En revanche, ce dont je suis persuadé est que si Bayrou franchit le 1er tour, il a l’élection gagnée. Mais là, on est dans la tactique…

Ah ! Ce qu’Hulot manque dans une telle situation !

Réponse à la lettre de M. Bernard Debré à M. Moncef Marzouki

J’ai publié un commentaire en réponse à cette lettre que M. Bernard Debré, député, a cru bon d’adresser à M. Moncef Marzouki, président de la république de Tunisie. Je doute que ma réponse soit publiée (mais je peux me tromper, et rectifierai cette affirmation si finalement elle l’était), alors je la publie ici :

Monsieur Debré,

Quand je lis vos propos, je me sens tunisien.

Je n’ai pas été choqué par les propos de M. Marzouki s’adressant à nous français. Je ne me suis senti ni visé ni blessé. Aurait-il pu s’abstenir de paraître donner des leçons ? Sans doute, mais vous ne pouvez pas le lui reprocher en faisant de même M. Debré.

Qui peut oublier qu’il y a un an ce grand Peuple se mettait en marche et chassait le dictateur à coup de « Dégage ! » ?

Qui ose donner des leçons à ce Peuple à travers son président alors qu’alors que la révolution enflait, plutôt qu’accompagner et soutenir le vent de Liberté qui soufflait, une ministre du gouvernement français proposait à Ben Ali son aide pour maintenir l’ordre (ce que vous minimisez sous le qualificatif de « quelques erreurs ») ?

Qui ose dire que les autres religions que l’islam, en généralisant honteusement ce qui a pu se passer ici ou là à l’ensemble des pays arabe, ou que les ressortissants français seraient mal traités en Tunisie, avec pourtant un ambassadeur gaffeur et condescendant qui ne représente que piteusement le Peuple de France ?

Qui peut nier qu’en Tunisie et comme dans d’autres pays d’Afrique l’influence française ne s’est pas limitée à la seule période coloniale et qu’on a parfois soutenu des dictateurs pour tirer profit d’un pays au détriment de ses ressortissants ?

On ne peut qu’admirer, respecter et apprendre de la grandeur du Peuple tunisien, et lui témoigner le plus grand respect et la plus grande confiance pour son avenir. Il ne se laissera jamais déposséder de sa révolution, c’est une certitude. Ainsi que le disait Thomas Jefferson : « le prix de la Liberté est la vigilance éternelle ».

Votre intervention était superflue, inutile et insultante.

Quand je lis vos propos, je me sens tunisien.

Je vous invite en outre à consulter deux autres textes de réponse, tous les deux superbes et dignes : ce premier de Yazid Debbich, citoyen franco-tunisien, que  @chaouka m’a proposé, et ce second sur le blog La Pomme Empoisonnée , que @PaNoAIMi m’a suggéré.

Adlène, 24 ans, algérien, diplômé, CDI en poche, expulsable

Adlène a 24 ans et est algérien.

Adlène arrive en France en août 2009, et entre en septembre en première année de Master à l’Université d’Angers. Grâce à d’excellents résultats, il accède à un Master 2 « Marketing des services et revenue management », très sélectif, toujours à l’Université d’Angers, en partenariat avec l’ESSCA (école internationale de commerce).

Cette formation est unique en France. Aucun autre établissement ne la propose, et seuls 20 étudiants par an ont la chance de pouvoir l’intégrer. C’est le cas d’Adlène, qui obtient brillamment son diplôme en août 2011, auréolé d’une mention « très bien » que justifie son 17 de moyenne.

Le talent d’Adlène se trouve en outre confirmé par le cabinet de conseils dans lequel il effectue son stage de fin d’études quand on lui propose d’intégrer l’entreprise en CDI à l’issue de son stage. Adlène n’hésite pas 2 secondes ; l’entreprise et le poste sont intéressants, et il y a des offres qui ne se refusent pas.

Tout semble donc sourire à Adlène alors qu’il s’en va en ce 25 août 2011 déposer à la Préfecture d’Angers une demande de changement de statut, puisque d’étudiant étranger il va devenir travailleur étranger.

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Les enfants de chômeurs sont (toujours) privés de cantine, mais sont invités au restaurant

Au début du mois de juillet, je rédigeai ce billet qui décrivait comment, pour faire face à une affluence en augmentation, et plutôt que de chercher à trouver des solutions concrètes pour y faire face, certaines municipalités avaient décidé que les enfants pouvant être gardés par leur parent ne seraient plus accueillis à la restauration scolaire.

Parmi ces parents supposés pouvoir accueillir leurs enfants à l’heure du repas, on trouvait ainsi les parents chômeurs. Cette mesure discriminatoire, avait suscité une émotion palpable quand elle a été connue. Et puis… la période estivale a commencé et la cantine a fermé ses portes le temps des vacances.

La rentrée arrivée, on reparle de nouveau de cette mesure, qui aurait été adoptée par au moins 70 communes selon cet article de L’Humanité. L’Express nous apprend dans cet autre article que a Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a lancé lundi un appel national pour que cessent les refus d’accès de nombreux élèves aux cantines scolaires.

Pour autant, la mesure semble ne pas être illégale. Pour ce qui me concerne, ce n’est pas le caractère légal ou pas de cette mesure qui me choque, mais ce qu’elle révèle de notre société sur sa façon de gérer (ou plus précisément mal gérer) le vivre-ensemble. J’ai suffisamment exposé ce point lors de mon premier billet sur ce sujet pour ne pas y revenir.

En revanche, je voudrais saluer cette initiative d’un restaurateur de Thonon-les-Bains qui, pour protester contre la mesure de la municipalité et en espérant qu’elle reviendra sur sa décision, a décidé d’inviter dans son établissement tous les écoliers privés de cantine scolaire. Il est aidé par des « de nombreux bénévoles, commerçants, parents d’élèves et même d’un chauffeur de taxi qui va conduire les enfants au restaurant ».

Comme quoi : la Fraternité est bien ancrée en l’humain, qui à défaut de la pratiquer dans son quotidien, sait la rejouer dans des situations difficiles ou face à l’adversité.

Nicolas, on a besoin de toi

Tu as longtemps hésité à franchir le Rubicon de l’écologie politique. Et puis, finalement, tu l’as fait… Tu es descendu dans l’arène avec cette volonté farouche de faire de la politique autrement, sans coups-bas, sans attaques personnelles, même envers ceux qui exprimaient un rejet profond et sectaire de ta personne, qui refusaient de t’accorder un brevet en écologie (en s’auto-octroyant ce pouvoir).

Mais l’arène a été cruelle : pas assez « de gauche », trop récemment anti-nucléaire, pas sincère, trop lié à des entreprises aux antipodes de l’écologie, trop personnel, pas collectif… tant de reproches t’ont été faits, qu’ils seraient long de les énumérer. Et quand bien même ? Est-ce là ce qu’il faut retenir ? Bien entendu, les blessures sont fraîches et donc pas encore refermées. Peut-être ne le seront-elles jamais.

Si on regarde de ce point de vue la primaire et l’échec de la candidature, la première envie est de tourner le dos et de retourner à d’autres voies. Mais est-il raisonnable d’abandonner à la première difficulté ? Ce serait probablement oublier les milliers d’adhérents et de coopérateurs qui t’ont fait confiance, qui espèrent que le chemin que tu as esquissé s’ouvrira.

On ne pourrait retenir de la primaire que les escarmouches et les seaux d’épluchures. Tu pourrais te dire qu’il n’y a pas de volonté, et encore moins d’envie, d’utiliser ton potentiel, cette capacité de convaincre les sceptiques plutôt que flatter les convaincus. Mais, de nouveau, 40% des votants ont cru en cette démarche, car elle est nécessaire et essentielle face à l’urgence.

Je me suis inscrit en tant que coopérateur sans savoir qui de toi ou d’Eva je choisirai. Les débats m’ont éclairé sur ce point, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à l’issue du premier tour, puis du second. Le point déterminant dans mon choix a été (et reste) ta capacité à rendre accessible l’écologie à tous, à faire prendre conscience des enjeux et de l’urgence, sans pour autant verser dans la dramatisation à outrance ou le catastrophisme.

Ta déclaration de candidature que j’avais relayée me paraît nous faire comprendre l’état de la situation, pourquoi il nous faut changer de paradigme, pourquoi il nous faut adopter un nouveau modèle de société. Ton apport dans cette campagne sera déterminant, même si tu n’as pas la pôle position. D’ailleurs, tu seras plus à l’aise, plus libre en tant qu’assesseur.

Se priver de ton talent hors du commun serait une erreur, et je pense qu’Eva et Cécile, ou Dany, Yves, Denis, et tant d’autres, même Noël ou Dominique, le savent bien. Je ne sais pas comment ils ont œuvré ou œuvrent en vue de l’unité, mais ils ont nécessairement conscience que tu serais un atout considérable pour marquer des points.

Au-delà de ces considérations, l’opportunité de la présidentielle est immense pour permettre à l’écologie de gagner encore du terrain auprès des citoyens, et tu es le mieux placé pour cela. Bien entendu, il existe d’autres formes d’actions, au moins aussi noble que la voie électorale, mais la visibilité qu’offre la présidentielle est sans égale, et tu dois saisir cette chance pour que le projet de transformation écologique et sociale puisse progresser dans l’opinion.

L’urgence dont tu nous a fait prendre conscience impose de ne pas tourner le dos, de ne pas retenir que les déchirures et les blessures de la primaire, mais de rester déterminé, les yeux rivés sur l’objectif, et d’apporter tout ton soutien à Eva pour l’aider à porter le projet, qui reste le meilleur projet pour la France.

D’autres que moi, tels @GCastevert, @PierreLhoste ou @Paul_Itique, espèrent que tu vas poursuivre de la façon dont tu l’écrivais si bien dans ta déclaration de candidature :

Dans ce moment de gravité et de complexité que traverse notre pays, je n’ai pas d’autre ambition que de contribuer à ouvrir la voie d’une société nouvelle, écologique et sociale. Je le ferai avec modestie mais détermination, sans arrogance mais avec toute ma volonté et mon énergie.

Nicolas, on a besoin de toi

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