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9 mai : journée européenne du revenu de base

Le 9 Mai 2012 est la journée européenne du Revenu de Base.

À cette occasion, la plateforme francophone revenudebase.info qui vise à réunir les promoteurs du revenu de base inconditionnel (qui sera prochainement opérationnelle) vous propose des liens vers des sites d’informations relatives au revenu de base inconditionnel, mais aussi et surtout un chèque-document (éditable et imprimable).

Chaque chèque-document est composé d’un chèque factice, symbolisant la somme versée mensuellement comme revenu de base inconditionnel à la personne récipiendaire, et d’un texte fournissant des explications sur le revenu de base et renvoyant sur le site de la plateforme revenudebase.info

Le chèque-document est mis à votre disposition et vous êtes libres de le diffuser en ce 9 mai comme vous l’entendez : email, Facebook, Twitter, billet sur votre blog, distribution dans les boîtes aux lettres des voisins….

A Paris, notre groupe local a prévu une opération de distribution de chèques factices à la Fontaine St. Michel, en plein centre de la capitale. Les personnes disponibles sont les bienvenues (tous les détails ici).

Et vous, pourquoi ne pas organiser une action locale près de chez vous ?

______________ [Edit du 11/05/12 à 19:00]

Stan Jourdan (à gauche)

Petit retour sur la distribution de chèques factices que nous avons faite le 9 mai à la Fontaine St. Michel avec les camarades Stan, Gérard et Marc.

Je n’ai pas compter le nombre de chèque distribué, tout simplement (et tout bêtement) je n’ai pas compté. Mais je pense que c’était autour de la quinzaine. Le tout en 2 heures. Ce qui fait certes un ratio plutôt faible, mais trouve une explication simple et agréable : on passe du temps à discuter.

J’ai été agréablement étonné du peu de rejets. Et jamais pour le sujet ! Certains ne voulaient pas être importunés, c’est tout. Mais dès qu’on engageait la conversation, l’intérêt arrivait presque immédiatement, même si le scepticisme pouvait l’accompagner.

Marc de Basquiat (à droite)

Parmi les doutes revenaient le plus souvent la désincitation au travail et le financement. Mais beaucoup d’interlocuteurs posaient des questions, étaient curieux, et semblaient intellectuellement stimulés.

Beaucoup en repartant indiquait qu’ils allaient s’informer. Parmi les interlocuteurs, j’ai eu une prof d’économie qui avait hâte de pouvoir aller sur revenudebase.info pour explorer les liens qui s’y trouvent.

Franchement, je pensais qu’on allait être plus souvent jetés, qu’on allait taxer d’utopie (une seule fois pour ma part). Je m’étais même préparé à de l’hostilité. Peut-être la chance du débutant nous a-t-elle été favorable…

Je crois surtout que le formule du chèque est propice à l’échange. Vraiment, l’idée (merci Cédric) est une pépite.

Jeff Renault (à gauche) et Gérard Foucher (à droite)

En revanche, les échanges sont en moyenne assez longs quand ils sont entamés. Il faut en tenir compte. Mais l’essentiel est sans doute la qualité dans la transmission. Elle est récompensée quand un interlocuteur est rejoint par une personne qu’il attendait (oui, car on était dans un lieu où les gens se donnent rendez-vous, ce qui les rend disponibles), et qu’il vous dit qu’il va expliquer et discuter du revenu de base puisqu’ils passent la soirée ensemble.

Ce genre d’opération est donc pertinente et enrichissante. A refaire !

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Les conditions de vie digne ne sont pas négociables

Droits et devoirs« Dans la vie, il y a des droits, mais il y a aussi des devoirs. » On entend souvent cette expression, notamment dans la bouche des responsables politiques. Elle signifie que les droits des individus doivent leur conférer des devoirs, et même qu’à tout droit il faut en contrepartie un devoir. Je peux comprendre cette logique. J’ai longtemps moi-même adhéré à cette philosophie. Les personnes estiment que pour recevoir sa part de la société, on doit d’abord y contribuer (encore faudrait-il savoir de quelle contribution on parle).

En réalité, cette vision est erronée : il existe des droits sans contrepartie. Ainsi, le droit à la vie n’exige aucune contrepartie. L’abolition de l’esclavage (le droit de ne pas avoir de maître) ou le droit à l’avortement ne sont pas soumis à contrepartie. Il est donc tout à fait inexact de considérer que tout droit appelle une contrepartie.

Au-delà de ces cas triviaux, l’article 25 de la DUDH nous précise que :

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux

À aucun moment la DUDH ne soumet ces droits à contrepartie. Et c’est sans doute l’argument le plus probant à l’instauration du revenu de base inconditionnel. En effet, le revenue de base inconditionnel est souvent présenté par ses détracteurs (ou perçu de prime abord par ceux qui le découvrent) comme un droit qui n’appellerait pas de contrepartie. Et bien autant le dire tout de suite : ils ont raison !

Le revenu de base inconditionnel est attribué à tous, sans condition, sans contrepartie. Lire la Suite…

Les français sont-ils favorables à l’instauration du revenu de base inconditionnel ?

Je me demandais récemment pourquoi la gauche bloquait sur le revenu de base inconditionnel. Ce billet a été l’occasion d’échanges intéressants, et a été repris sur AgoraVox et par le collectif citoyen Générations Engagées.

Aujourd’hui, une enquête diligentée par le mouvement des Colibris permet de verser de nouveaux éléments au dossier. L’enquête en question s’intitule : « Tests de propositions sur les grands thèmes de société ».

Ressenti à l’égard de son activité professionnelle

Une première chose à noter concerne le ressenti à l’égard de son activité professionnelle (page 7 de l’étude). À la question : « Dans votre activité professionnelle, diriez-­vous que… ? » on relève le résultat suivant :

Ainsi donc, seuls 30% des personnes interrogées sont passionnées par ce qu’elles font et s’épanouissent dans leur activité professionnelle. Pour les autres 70%, le travail n’est au mieux qu’un gagne-pain, au pire manque de sens. On est loin de l’idéalisation du travail jusqu’à en faire une « valeur ».

Ce n’est pas anodin, car dans la promotion du revenu de base inconditionnel, on se heurte souvent à l’argument (massue) que l’être humain s’épanouit par le travail, en oubliant de dire que la plupart ont un travail qu’il n’ont pas choisi. Lire la Suite…

Question ouverte au collectif Roosevelt 2012 sur le revenu de base inconditionnel

Collectif Roosevelt 2012Bonjour,

Dans les 15 réformes que propose le collectif Roosevelt 2012, on trouve une (timide) allusion au revenu de base inconditionnel.

La réforme 13 propose de « négocier un autre partage du temps de travail et un autre partage des revenus ». Pourtant, le partage n’est envisagé que sous la forme de la diminution du temps de travail, ce qui pérennise le lien emploi-revenu, et par voie de conséquence le lien inverse : pas d’emploi – pas de revenu.

La réforme 6, qui vise à « sécuriser les précaires », envisage des mesures d’urgence, qui persistent dans l’espoir d’un retour au plein-emploi (regrettant juste qu’il puisse n’être pas rapide). Néanmoins, en note de bas de page, on trouve une évocation à l’Allocation Universelle du CJD (c’est la timide allusion dont je parlais en introduction).

Qu’est-ce qui empêche de proposer directement un basculement vers le revenu de base inconditionnel et quels sont les freins qui retardent sa pleine adoption ?

Pourtant, le revenu de base inconditionnel est une réponse efficace dans l’obtention de certains des objectifs que vous annoncez. Il permettrait même d’éradiquer la précarité plutôt que de chercher à sécuriser les précaires.

Merci de votre réponse.

Le revenu de base inconditionnel est le socle de la refondation du pacte social

colloque du 31 mars à Montreuil: Un revenu pour existerJ’ai assisté samedi 31 mars 2012 à Montreuil à un colloque sur le revenu inconditionnel organisé par le collectif PouRS (Pour un Revenu Social), en présence de nombreux universitaires, économistes, travailleurs sociaux, syndicalistes…

Les tables rondes ont été passionnantes, et les intervenants apportaient tous des éléments très intéressants à verser au dossier du revenu de base inconditionnel. Certains présentaient des visions complémentaires ou originales de mise en œuvre du revenu de base inconditionnel, comme Michel Lepesant, du mouvement des objecteurs de croissance, pour qui l’instauration d’un revenu minimum garanti est indissociable de la mise en place d’un revenu maximum acceptable (il ne m’a pas convaincu).

Certains apportaient la contradiction en exposant les raisons de leur franche opposition, comme Catherine Lebrun, du syndicat Solidaires, qui est farouchement opposée au revenu de base inconditionnel, le traduisant comme le renoncement des forces du travail face à celles du capital, confirmant les raisons que j’évoquais dans un récent billet.

Certains enfin évoquaient leur scepticisme, comme Emmanuel Porte, sociologue, qui nous a présenté une expérimentation du revenu minimum étudiant, et qui craignait que l’instauration du revenu de base inconditionnel puisse subir les même dérives que le revenu minimum étudiant avait pu rencontrer.

Lire la Suite…

Pourquoi la gauche bloque-t-elle sur le revenu de base inconditionnel ?

Quand je discute du revenu de base inconditionnel avec mon entourage (famille, amis, connaissance, relations…), il arrive fréquemment que soit posée la question sur la position de la gauche sur ce sujet.

La question vaut d’être posée car quand on égraine les apports de l’application du revenu de base inconditionnel, nombreux sont ceux qui semblent compatibles avec les thèmes de gauche, et notamment :

  • éradiquer la pauvreté ;
  • favoriser et reconnaître les activités non marchandes (sans les rendre marchandes) ;
  • permettre les activités culturelles sans les enfermer dans une logique financière (notamment apporter une solution efficace à la rémunération des artistes) ;
  • offrir la liberté réelle de choisir un emploi rémunéré sans y être obligé, et avec des conditions acceptables (puisqu’on peut les refuser et se contenter de son revenu de base) ;
  • redéfinir le contrat social et notamment la solidarité par l’inconditionnalité du revenu de base (disparition de l’obstacle du guichet qui oblige à justifier de sa précarité pour pouvoir bénéficier d’une aide) ;

Cette liste n’est pas exhaustive, mais l’on voit déjà que la gauche devrait pouvoir trouver dans cette mesure beaucoup d’arguments pour la proposer. Pourtant, force est de constater que les partis de gauche sont plus que frileux sur le sujet. Et même qu’ils l’évitent.

En cette année présidentielle, seuls deux ex-candidats ont proposé le revenu de base dans leur programme : Christine Boutin et Dominique de Villepin. Les deux sont à droite. Seule Christine Boutin proposait un revenu de base inconditionnel (le revenu citoyen de Dominique de Villepin était conditionnel). A gauche, chez EELV, on évoque parfois le revenu de base inconditionnel du bout des lèvres, à travers des projets d’expérimentations, toujours en évoquant une mise en place d’un revenu universel « à terme » sans plus de précision… Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon parle de ne pas accepter qu’on vive en dessous de 650 euros par mois, mais jamais ne proposent (ni l’un ni l’autre) autre chose que des mesures ciblées et donc conditionnées à un statut donné.

Alors qu’est-ce qui justifie cela ? Pourquoi autant d’hermétisme vis-à-vis d’une mesure en apparence facilement soluble dans les idéologies de gauche ? C’est probablement dans le lien travail-revenu qu’il faut chercher la réponse.

En effet, la gauche de la fin du 19è et du 20è siècles s’est forgée autour de la valeur travail et la défense des travailleurs. Ce combat se retrouve dans la défense persistante du salariat et de son St. Graal, le CDI, alors même que ce « statut » ne concerne plus qu’une minorité de personnes, finalement privilégiées, et que le chômage de masse se banalise, et que le plein-emploi ne redeviendra jamais la norme.

Et le travail dans cette logique est indissociable du revenu, mais aussi du droit du travail, des acquis sociaux… tout ce que les travailleurs ont, ils l’ont (et l’ont obtenu) dans le cadre du travail. Certes, ceux qui n’ont pas de travail ont le droit à des subsides qu’ils doivent quémander en justifiant (souvent en y perdant en dignité) de leur difficultés. Le salarié lui n’a pas ce problème. Sauf que cet apparent avantage est la contrepartie de son acceptation muette des contraintes assorties souvent subies, rarement choisies (en témoigne la souffrance et le stress au travail, qui semble d’ailleurs contredire la thèse que le travail seul est épanouissant), .

Or, si le revenu de base inconditionnel apporte des solutions (on l’a vu plus haut) gaucho-compatibles, il est aussi et surtout un changement de paradigme qui induit une séparation entre d’un côté le revenu, de l’autre le travail. On passe d’une logique de « travailler pour gagner sa vie » à une logique « gagner sa vie pour pouvoir travailler ».

Baptiste Mylondo, auteur (entre autres) de l’ouvrage « Un revenu pour tous« , membre du Mouvement Utopia, mouvement politique de gauche altermondialiste et écologique, aborde dans le livre cité la question et la résume je trouve fort bien (extrait de la page 52) :

On peut dès lors s’interroger sur le relatif consensus qui entoure le revenu maximum à gauche et sur le rejet dont le revenu inconditionnel fait l’objet au sein de cette même gauche. En militant pour un revenu maximum tout en négligeant le revenu inconditionnel, les partis de gauche trahissent en fait leur attachement religieux à la « valeur travail ».

Si revenu maximum et revenu inconditionnel s’appuient l’un comme l’autre sur une redistribution verticale des richesses ils se distinguent en fait par le mode de répartition choisi. Répartition par les salaires d’activité pour l’un, répartition par un salaire social pour l’autre. Or, le choix du mode de répartition est en fait lourd de sens.

En confirmant le rôle du travail comme vecteur privilégié de la répartition des richesses (le travail demeure la source quasi-exclusive de revenu) le revenu maximum conforte en effet la place exorbitante et la valeur absurde accordée aujourd’hui au travail. À l’inverse, en s’appuyant sur une déconnexion entre revenu et travail, le revenu inconditionnel appelle une remise en cause du travail dans la société. C’est d’ailleurs l’attachement de la gauche à la « valeur travail » (et au droit du travail qui en découle) qui explique les plus sérieuses objections opposées au revenu inconditionnel.

À méditer…

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