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Speak Out Tunisia : une initiative pour former des Citoyens Journalistes

Je viens de faire une promesse pour soutenir Speak Out Tunisia, une initiative conjointe entre d’une part, le PaCTE (Pacte des Compétences Tunisiennes Engagées), une association de citoyens créée au lendemain de la révolution tunisienne qui regroupe des citoyens tunisiens de nationalité ou de cœur qui veulent contribuer à construire une Tunisie nouvelle, et, d’autre part, Anne Medley, une photographe américaine qui enseigne le journalisme multimédia dans le monde entier.

Cette vidéo de 3 minutes explique fort bien le projet :

L’objectif du projet est de former des citoyens journalistes qui deviendront de véritables observateurs de la vie de leur pays, qui garantiront une information totalement indépendante. Anne Medley a déjà accompagné une telle initiative deux ans auparavant en République Démocratique du Congo.

Le principe consiste à réunir 19.000 $ de promesses de dons avant le 25 janvier. Si cette somme est atteinte à cette date, les promesses sont transformées en dons, c’est à dire que le paiement devient effectif. Au moment où je rédige ces lignes, près de la moitié de la somme a été réunie.

Outre l’objectif qui est louable et salutaire dans une Tunisie en pleine transformation, le principe de CrowdFunding me paraît très intéressant également.

Réponse à la lettre de M. Bernard Debré à M. Moncef Marzouki

J’ai publié un commentaire en réponse à cette lettre que M. Bernard Debré, député, a cru bon d’adresser à M. Moncef Marzouki, président de la république de Tunisie. Je doute que ma réponse soit publiée (mais je peux me tromper, et rectifierai cette affirmation si finalement elle l’était), alors je la publie ici :

Monsieur Debré,

Quand je lis vos propos, je me sens tunisien.

Je n’ai pas été choqué par les propos de M. Marzouki s’adressant à nous français. Je ne me suis senti ni visé ni blessé. Aurait-il pu s’abstenir de paraître donner des leçons ? Sans doute, mais vous ne pouvez pas le lui reprocher en faisant de même M. Debré.

Qui peut oublier qu’il y a un an ce grand Peuple se mettait en marche et chassait le dictateur à coup de « Dégage ! » ?

Qui ose donner des leçons à ce Peuple à travers son président alors qu’alors que la révolution enflait, plutôt qu’accompagner et soutenir le vent de Liberté qui soufflait, une ministre du gouvernement français proposait à Ben Ali son aide pour maintenir l’ordre (ce que vous minimisez sous le qualificatif de « quelques erreurs ») ?

Qui ose dire que les autres religions que l’islam, en généralisant honteusement ce qui a pu se passer ici ou là à l’ensemble des pays arabe, ou que les ressortissants français seraient mal traités en Tunisie, avec pourtant un ambassadeur gaffeur et condescendant qui ne représente que piteusement le Peuple de France ?

Qui peut nier qu’en Tunisie et comme dans d’autres pays d’Afrique l’influence française ne s’est pas limitée à la seule période coloniale et qu’on a parfois soutenu des dictateurs pour tirer profit d’un pays au détriment de ses ressortissants ?

On ne peut qu’admirer, respecter et apprendre de la grandeur du Peuple tunisien, et lui témoigner le plus grand respect et la plus grande confiance pour son avenir. Il ne se laissera jamais déposséder de sa révolution, c’est une certitude. Ainsi que le disait Thomas Jefferson : « le prix de la Liberté est la vigilance éternelle ».

Votre intervention était superflue, inutile et insultante.

Quand je lis vos propos, je me sens tunisien.

Je vous invite en outre à consulter deux autres textes de réponse, tous les deux superbes et dignes : ce premier de Yazid Debbich, citoyen franco-tunisien, que  @chaouka m’a proposé, et ce second sur le blog La Pomme Empoisonnée , que @PaNoAIMi m’a suggéré.

A propos de l’identité nationale…

Voici une analyse à laquelle j’adhère à 100% :

Mais alors, faut-il renoncer à définir l’identité ?

Oui. Tout questionnement sur l’identité est légitime. Du moment où il est mené par les historiens et par les philosophes. Mais le Législateur n’a pas vocation à s’ingérer dans ce débat.

Une identité nationale est, par définition, un concept mouvant, en perpétuel devenir. Le Politique n’a pas à assigner de frontières à l’identité. Il n’est pas outillé pour le faire.

Le Législateur peut et doit définir des critères pour l’attribution de la nationalité. A cet égard, il est souverain, et toutes les options peuvent être envisagées, le droit du sang comme le droit du sol.

L’auteur de ces quelques lignes est Samy Ghorbal, journaliste indépendant. Elles sont extraites d’un article plus circonstancié, paru le 17 mars 2011 dans Kapitalis, traitant de… la Tunisie !

Troublant, non ? On pourrait tout à fait reprendre ce commentaire et l’appliquer à la France. Le reste de l’article est par ailleurs instructif, car il démontre ce qu’il arrive quand le politique s’accapare la notion d’identité nationale… pour finalement des raisons plus politicienne que politique.

Pour l’Histoire – A4, le 21 janvier 2011, Tunis

Le 30 janvier 2011, je me suis promené dans Tunis, deux semaines après la révolution du jasmin. Sur l’avenue Bourguiba, au niveau du théâtre, j’ai découvert ce magnifique poème (retranscrit ci-après) placardé sur un arbre. Il signé d’un certain « A4 »… je ne sais pas si un jour on saura qui est « A4 » ?

Pour l'Histoire - A4, le 21 janvier 2011, Tunis

Pour l’histoire

J’écris pour l’Histoire, afin qu’elle n’oublie pas
Que je suis debout, j’ai fait mon premier pas

J’écris pour l’Histoire, afin qu’elle s’en souvienne
Que chasser un fou ne me pose aucune gêne

J’écris pour l’Histoire, qu’elle prépare ses statues
Car c’est à main nues que je me suis battu

J’écris pour l’Histoire, pour lui crier encore
Qu’elle se rebiffe vite et qu’elle change son décor

J’écris pour l’Histoire, dans la langue de Voltaire
Pour dire bien fort que je ne sais plus me taire

J’écris pour l’Histoire, même mille et une fois
Pour dire que je ne suis plus comme autrefois

J’écris, j’écris, je ne sais plus m’arrêter
Je lui écris tout, pour ne rien regretter

J’écris, même avec des yeux pleins de larmes
Pour ceux tombés sans jamais porter d’armes

J’écris sans encre, sans crayon ni plume
Pour ceux restés couchés sur le bitume

J’écris sans recherche, j’écris par instinct
Pour ceux qui ont pu, seuls, forcer le destin

Ecrit par A4, le 21 janvier 2011, Tunis

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